Une autre fouille sous-marine à Anticythère

C'était juste avant Pâques de l'année 1900, quand deux bateaux appartenant à des plongeurs de l'île de Symi se sont réfugiés près d'Anticythère après avoir été surpris par une tempête en mer.

 

Une fois le temps dégagé, un pêcheur d'éponge, Ilias Stadiatis, plonge pour explorer le fond de la mer. À une profondeur de 40 mètres, il voit un spectacle inoubliable : le sol était jonché de statues en marbre, de poteries et des restes d'un bateau antique.

 

Il a saisi la main d'une statue en bronze et refait surface. Sans le savoir, ce pêcheur d'éponge avait contribué à la naissance d'une nouvelle science dans la mer Égée, celui de l'archéologie sous-marine.

 

Entre 1900 et 1903, une poignée de plongeurs casse-cou (l'un d'eux est mort et deux ont fini handicapé), avec l'aide de la Marine, a récupéré du fond de la mer autour d'Anticythère des objets de valeur qui a pèsent des dizaines de tonnes. Parmi eux il y avait le célèbre Mécanisme d'Anticythère, le plus vieil objet avec des mécanismes métalliques jamais trouvé dans le monde et un témoignage des réalisations technologiques et scientifiques très avancées des anciens Grecs.

 

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Nouvelles découvertes

 

Fin mai 2016, 116 ans plus tard, les membres d'une mission de plongée composée d'archéologues grecs et étrangers, sous la supervision et la co-organisation de l'EEA (Ephorate of Underwater Antiquities), ont extrait une lance de bronze et un plat en céramique du même endroit. La lance pèse plus de six kilos et fait deux mètres de long. Pour l'instant, on ne sait pas si elle faisait partie d'une sculpture ou si elle a appartenu à un membre de l'équipage du bateau antique. Ce sont les premières découvertes importantes des fouilles de cette année qui continueront en juin.

 

L'objet le plus important que les archéologues ont à leur disposition cette année est un détecteur de métaux extrêmement sensible. On s'attend à ce que ce soit particulièrement utile puisque en 2013 et 2014, les membres de la même équipe ont dressé la carte du site entier de l'épave et ont identifié des zones qu'ils voulaient regarder de plus près.

 

Une découverte des années précédentes est une énorme ancre qui donne une certaine indication de la taille du bateau et devrait fournir des réponses à de nombreuses questions. Les objets sont nombreux et répartis sur une grande zone du fond de la mer, d'éminents experts pensent que la zone abrite deux épaves et non pas une.

 

Des questions sans réponse concernent aussi le Mécanisme d'Anticythère, dont il manque une partie. Il semble fou de croire que les plongeurs pourraient être en mesure de trouver une pièce métallique de quelques centimètres dans l'immensité des fonds marins. Cependant, le fait que d'ici 2017 l'entreprise Hublot aura un robot de plongée spécial prêt, donne une nouvelle raison d'espérer.

 

L'American Woods Hole Oceanographic Institute (WHOI) est aussi un des partenaires de l'EEA dans cette entreprise. Les coordinateurs des fouilles sont Theotokis Theodoulos, Dimitris Kourkoumelis (EEA) et Brendan Foley (WHOI). 

 

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Décoder le mécanisme

 

Le jeudi 9 juin, pendant un événement spécial à la Bibliothèque Historique de la Fondation Aikaterini Laskaridis, l'occasion sera donné pour la première fois aux visiteurs de découvrir ce que disent exactement les inscriptions sur le mécanisme. La théorie est que les inscriptions sont une sorte de manuel d'utilisateur pour savoir comment fonctionne le mécanisme et les connexions astrologiques dont il dispose.

 

Depuis 1902, les premières inscriptions interprétées font allusion à l'utilisation astronomique du mécanisme. Parmi les premiers mots à être déchiffrés il y avait "Vénus" et "rayon solaire." Au moment où la découverte a été rendue publique pour la première fois quelques mois plus tard, environ 600 caractères avaient été déchiffrés. Ce numéro est passé à environ 923 caractères dans les années 1970, puis à 2160. La dernière analyse du précieux mécanisme porte les inscriptions à 3400 caractères.

 

Mais la caractéristique la plus importante est la qualité de ce qui peut être lu. Il y a maintenant des phrases complètes et beaucoup de nouveaux caractères, qui aident à décoder les fonctions du mécanisme. Ainsi, la communauté internationale, suivie par les Grecs qui obtiennent le premier coup d’œil, aura l'occasion d'en apprendre davantage sur le système le plus original et jusqu'ici complètement inconnu pour prédire les éclipses, un planétarium entier montrant les mouvements des corps célestes, mais aussi un calendrier qui pourrait fournir de nouvelles informations sur le lieu de fabrication et l'utilisation de cette machine unique.

 

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L'intégralité de cette nouvelle lecture montre maintenant précisément quelles parties du mécanisme n'ont pas encore été trouvées : "Après la lecture des inscriptions, les plongeurs savent exactement quoi chercher en mer. Nous savons ce qui manque par rapport à ce que nous avons déjà dans nos mains", déclare l'un des orateurs de l'événement, Efthymios Nikolaidis, historien des sciences, directeur de recherche à la National Research Foundation, et rédacteur au journal international Almagest, dans lequel les inscriptions seront publiées.

 

Source : Ekathimerini.com - Antikythera seabed the subject of another underwater search


Traduit et publié par Marion Juglin

 

 

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