Un squelette humain dans l'épave d'Anticythère

Anticythère
Les archéologues Brendan Foley, Theotokis Theodoulou et Alex Tourtas fouillent l'épave d'Anticythère, assistés par Nikolas Giannoulakis et Gemma Smith. Crédit : Brett Seymour, EUA/WHOI/ARGO

Une équipe internationale de chercheurs a découvert un squelette humain pendant les fouilles de la célèbre épave d'Anticythère. La bonne condition des restes humains pourrait fournir la première trace d'ADN récupérée dans un navire qui a coulé dans l'antiquité.

 

Les plongeurs ont découvert les restes humains, peut-être un membre de l'équipage, le 31 août. C'est ici, dans la Mer Égée, près de l'île grecque d'Anticythère, que le mystérieux mécanisme, un calculateur astronomique avancé, a été retrouvé. Le naufrage du navire, peut-être un navire marchand grec, serait arrivé au Ier siècle avant notre ère.

 

Quand l'épave fut découverte, en 1900, des restes humains avaient déjà été trouvés. L'expédition de 1976 de Jacques-Yves Cousteau et de son équipage, à bord du Calypso, en avaient mis au jour au moins quatre, en plus de presque 300 artefacts. Mais celui-ci est le premier squelette dont les scientifiques sont capables de mener une analyse génétique.

 

Les os trouvés jusqu'à présent, qui étaient enterrés sous un demi-mètre de sable et de fragments de céramique, comportent des parties de côtes, deux fémurs, deux os du bras et des parties d'un crâne avec mâchoire et trois dents encore attachées. Elles ont été décrites dans la revue scientifique Nature.

Les restes humains in situ. Crédit : Brett Seymour, EUA/WHOI/ARGO
Les restes humains in situ. Crédit : Brett Seymour, EUA/WHOI/ARGO

Récupérer l'ADN

 

L'expert en ADN ancien du Musée d'histoire naturelle du Danemark à Copenhague, Hannes Schroeder, a pu voir les os personnellement, et déterminer qu'ils appartenaient à la même personne, probablement un homme jeune. "Contre toutes attentes, les os ont survécu plus de 2000 ans sur le fond de la mer, et ils semblent en assez bon état, ce qui est incroyable", déclare-t-il.

 

Les parties du crâne semblent particulièrement prometteuses en ce qui concerne l'extraction de l'ADN, car ils contenaient la partie du "rocher", une partie de l'os temporal à la forme de pyramide quadrangulaire. Située à la base du crâne, cette zone contient les parties du matériel osseux le plus dense du corps, et est considérée comme une des meilleures zones pour trouver de l'ADN. S'il y en avait suffisamment, nous pourrions connaître l'aspect physique du jeune homme, ou de quelle partie du monde il venait.

Une photo du crâne, quasi intact. Crédit : Brett Seymour, EUA/WHOI/ARGO
Une photo du crâne, quasi intact. Crédit : Brett Seymour, EUA/WHOI/ARGO

Le mécanisme d'Anticythère

 

Étant donné que l'épave avait été découverte la première fois par un groupe de pêcheurs d'éponges en 1900, de nombreux objets ont été mis au jour. Les premières expéditions, en 1901, trouvèrent des trésors à volonté: des douzaines de statues de marbre, des squelettes des membres de l'équipage et le spectaculaire "ordinateur" de bronze surnommé le mécanisme d'Anticythère.

 

Ce curieux engin, décrit par le Ministère hellénique de la Culture et du Sport comme l'objet ancien le plus complexe jamais découvert, dont 82 fragments ont été trouvés. Il contenait des roues, des cadrans et plus de 30 engrenages. La complexité et les pièces mouvantes ont intrigué les experts pendant des décennies; à la fin on a découvert qu'il était capable de montrer les phases lunaires et les positions du Soleil, de la Lune et des planètes à des dates spéciales.

"Nous ne connaissons rien de ce genre." - Bredan Foley

Parmi les différents objets retrouvés dans l'épave, il y avait aussi des objets de luxe : des jeux de société, des instruments de musique et même le bras de ce qui semble avoir été un trône en bronze.

 

Mais pendant que les objets trouvés sur le site fournissent des renseignements importants sur la vie il y a des milliers d'années, ce squelette représente une liaison vitale avec les anciens, en particulier avec l'équipage de ce navire", déclare Brendan Foley, un archéologue du WHOI qui a participé aux fouilles de 2016. "Les archéologues étudient le passé humain à travers les objets que nos ancêtres ont créé. Maintenant nous avons une liaison directe avec cette personne, qui navigua et mourut à bord du navire d'Anticythère", a expliqué Foley. "Nous ne connaissons rien de ce genre."

 

Source : Ilfattostorico.com - Trovato uno scheletro umano sul relitto di Antikythera


Traduit et publié par Marion Juglin

 

 

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