Des perles d'ambre se sont révélées être des contrefaçons préhistoriques

Les six fausses perles 'ambre', montrant clairement leurs origines de mauvaise humeur. Credit : ODRIOZOLA ET AL., 2019
Les six fausses perles 'ambre', montrant clairement leurs origines de mauvaise humeur. Credit : ODRIOZOLA ET AL., 2019

Les clients du néolithiques qui achetaient des biens de statut élevé peuvent avoir été arnaqués par des revendeurs peu scrupuleux, rapporte Andrew Masterson.

 

Des bijoux en ambre fabriqués aux IIe et IIIe millénaires avant notre ère se sont avérés être des faux, révélant que la pratique consistant à faire passer des imitations douteuses à des clients sans méfiance remonte à au moins 5000 ans.

 

Dans un article de la revue PLOS One, des chercheurs de l’Université de Séville en Espagne, dirigés par Carlos Odriozola, ont présenté une analyse chimique de six perles préhistoriques d'apparence ambrées. Deux ont été découvertes dans une tombe souterraine du site archéologique de La Molina, près de Séville, qui date du troisième millénaire avant notre ère, les quatre autres proviennent d'un site funéraire de Cova del Gegant près de Barcelone, datant du deuxième millénaire avant notre ère.

 

Toutes se sont avérées être des faux.

 

L'ambre a toujours été un produit rare et coûteux, très prisé par de nombreuses civilisations. C'était particulièrement le cas dans la péninsule ibérique préhistorique, où la sève des arbres anciens était rachetée à la Sicile via des routes commerciales lointaines et était considéré comme un symbole de haut statut, souvent sous la forme de biens funéraires.

 

À ce jour, les archéologues ont récupéré 647 artefacts d’ambre ibérique, datant du sixième au deuxième millénaire avant notre ère.

 

Les perles récupérées par Odriozola et ses collègues ne contribueront pas, à proprement parler, au total.

 

"L'attrait et la rareté de l'ambre ont déclenché l'échange et l'utilisation de cette résine, mais aussi le développement d'imitations par l'utilisation d'autres minéraux translucides locaux ou l'application de revêtements, comme décrit dans cet article, pour reproduire la couleur de l'ambre", écrivent les auteurs.

 

L’analyse des perles de Cova del Gegant a révélé que loin d’être faites de sève sicilienne, elles comprenaient un noyau intérieur en coquille de mollusque, recouvert de plusieurs couches de résine qui, selon les chercheurs, aurait probablement été extraite d’un pin.

 

Les perles de La Molina étaient également recouvertes de résine d’arbre, mais avaient des graines au centre. Elles étaient également de couleur rougeâtre plutôt que dorée, mais les chercheurs suggèrent que cela pourrait être le résultat d’une exposition au cinabre, une forme de sulfure de mercure ainsi qu'à d'autres composés très recherchés, après avoir été placées dans la tombe.

 

La présence de fausses perles d'ambre sur les deux sites, qui constituent le lieu de repos définitif de personnes d'un statut très élevé, est un mystère. Des objets rares et exotiques, tels que des sculptures sur ivoire, sont présents, ce qui suggère que l'argent ne constituait pas un obstacle à l'achat et que les défunts (avant leur disparition) étaient bien connectés aux réseaux d'échanges de biens de luxe.

 

Odriozola et ses collègues avancent trois explications possibles.

 

Peut-être que l'ambre était devenu difficile à acquérir en raison de la demande croissante, suggèrent-ils, ou peut-être que les occupants de la tombe n'étaient pas aussi riches qu'ils le semblaient et devaient donc opter pour des copies à moindre coût.

 

Ou peut-être, ajoutent-ils, les perles contrefaites étaient «des produits utilisés par des intermédiaires pour tromper les acheteurs».

 

Ils notent également que bon nombre des centaines d'artefacts préhistoriques précédemment récupérés ont été identifiés comme de l'ambre par inspection visuelle. Une analyse chimique plus détaillée pourrait révéler qu'une partie d'entre eux sont contrefaits.

 

Source : Cosmosmagazine.com - Amber beads revealed as prehistoric fakes


Traduit et publié par Marion Juglin

 

 

 


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Commentaires: 1
  • #1

    Fred31 (lundi, 10 juin 2019 21:59)

    L'interprétation proposée est très discutable : nul ne sait si ces perles ont été achetées, si cela relève du commerce, ni si la personne qui s'en est servie ou les a échangées savait si le bien était en ambre ou si c'était une imitation. Évitons de plaquer notre perception des choses sur ce passé lointain, c'est son caractère très éloigné de nous qui le rend aussi intéressant.
    L'information est en soit intéressante qu'il y ait eu des imitations de matériaux dès cette époque, mais on ne sait pas pourquoi. Merci pour votre site toujours intéressant néanmoins !